Préparation des plantations

Plantation


Bien préparer ses plantations, un gage de réussite pour l’avenir.

 

Une préparation appropriée du terrain conditionne la réussite de l’implantation du système racinaire et le développement de la vigne.

 

 

Défrichage ou l’arrachage de la vigne

Lors d’un défrichage ou l’arrachage de la vigne le danger vient des viroses comme le court-noué ou des champignons avec le pourridié en tête et les nématodes. Sachez que pour l’instant aucun traitement curatif contre le pourridié n’existe. Il vaut mieux agir en préventif comme l’assainissement  hydrique ou éviter les défriches de chênes sources de pourridié.

Le test ELISA permettra de détecter la présence de viroses (court-noué, l’enroulement).

Le but de l’arrachage est d’extirper du sol un maximum de débris racinaires pour limiter les risques de contamination. Il est ensuite conseillé de laisser le sol reposer au moins 7 ans entre deux plantations de vigne. Lors de la phase de repos un couvert végétal comme l’orge dont les racines sécrètent un liquide qui ralentirait la croissance du pourridié pourrait être envisagé.

Idéalement l’arrachage doit se dérouler sur un sol ressuyé pas trop sec en privilégiant les techniques visant à extraire un maximum de racines sans perturber les horizons du sol. Le labour profond semble avoir un impact négatif avec un fort risque d’inversion des horizons qui modifie la structure des sols.

 

Dévitalisation

L’objectif de la dévitalisation est d’éviter après arrachage la survie de fractions de racines susceptibles d’abriter des éléments infectieux vecteurs de virus et de champignons.

Avant l’arrachage de la vigne il est envisageable de dévitaliser les ceps juste après la dernière récolte à l’aide d’un herbicide systémique diffusé sur le feuillage de la vigne. Dans ce cas l’arrachage de la vigne interviendra en avril-mai prochain.

 

Désinfecter les sols

La désinfection des sols est liée aux résultats d’une analyse nématologique.

Après l’interdiction d’utilisation de produits comme le Metam Sodium les viticulteurs attendent l’arrivée de nouvelles techniques ou molécules. 

 

Aménagement de la parcelle

L’aménagement de la parcelle est une excellente opportunité pour améliorer la gestion de l’écoulement des eaux et le drainage de l’air froid et humide. Le nivellement peut être aussi considéré mais pas sans risque. Dans les vignobles en pente aperçoit l’accumulation de la terre dans le bas provoquée par l’érosion lors d’orages ou les pluies saisonnières.

 

Le nivellement

C’est une opération délicate qui doit impérativement être planifiée sur sol ressuyé en raison du poids élevé des engins utilisés. Le but étant de gommer les irrégularités du terrain tout en favorisant l’écoulement des eaux pour limiter l’érosion. Lors de cette opération il est important de ne pas top bousculer les horizons du sol prenant garde de ne pas faire remonter les couches infertiles du sous-sol à la surface sous peine de se retrouver avec un sol asphyxiant, infertile ou stérile.

 

Le système hydrique et l’érosion

Maîtriser le ruissellement des eaux et éviter les eaux stagnantes. Plusieurs méthodes sont disponibles pour gérer l’écoulement des eaux et contrer l’érosion des sols.

 

Pour les parcelles en pentes

  • Mise en place en haut de la parcelle de collecteurs pour éviter les départs de ruissellement avec des fossés de chaque cotés pour canaliser l’écoulement. Profitez-en pour construire des murets en contrebas de la parcelle pour retenir la terre.
  • Utiliser l’enherbement qui limite favorablement l’érosion.
  • Limiter la longueur des rangs
  • Création de plateformes ou des banquettes pour casser la pente.

 

Les eaux stagnantes

Véritable plaie, l’excès en eau dans une parcelle conditionne le risque d’asphyxie des souches et le développement des maladies comme le pourridié, le Black Rot ou le Mildiou qui affectionnent particulièrement ce type d’environnement. Aussi l’accès aux engins agricoles est restreint.

Les moyens :

Mise en place de canalisations enterrées. Le système de drainage peut être constitué de drains poterie, plastique ou bien par des fossés remplis de gros cailloux. Eviter les systèmes à l’ancienne à base de fagots de sarments qui peuvent servir de support au pourridi

 

La gestion des flux d’air froid et humide

Une bonne gestion des flux d’air froid et humide peut épargner quelques dégâts comme les gelées, la pourriture grise et les maladies cryptogamiques.

Une haie ou un mur servent à bloquer l’air froid en amont afin qu’il ne descende pas sur le bas des parcelles et ne stagne. Ainsi les risques de gelées printanières sont limités. D’autre part les herbes hautes conditionnent le refroidissement de l’air et sa propagation.

Les obstacles naturels en contrebas d’une parcelle risquent de favoriser la stagnation de l’air. On peut améliorer la situation en éclaircissant les bois ou supprimer les haies par exemple.

 

Le vent

Les vents forts peuvent être hostiles à la vigne en provoquant de la casse, un déséquilibre de la charpente et favoriser la sécheresse.

En cas de parcelle exposée au vent, la mise en place de haies peut la protéger du vent et limiter l’effet séchant du vent, ce qui est appréciable en période de sécheresse.

 

Préparation du sol

Cette dernière étape mérite une attention particulière car elle conditionne le développement du système racinaire des jeunes plants et maximise ainsi le taux de reprise des plants. Une mauvaise préparation risque de mettre en péril la pérennité de la parcelle.

 

Ameublir le sol

Lors de sa phase de développement le système racinaire de jeunes plants a besoin d’un sol souple d’environ 40 cm de profondeur. Pour cela il existe deux techniques :

Le sous-solage se caractérise par la fissuration du sol et ne bouleverse pas les horizons du sol alors que le défonçage est un labour profond d’environ 80 cm qui retourne la terre. Ce dernier est déconseillé sur les sous-sols calcaires, rocheux et les sols argileux très compacts.

 

Aplanir le sol

Cette opération s’effectue peu de temps avant la plantation et a pour objectif d’aplanir le terrain, d’enlever les gros cailloux éventuels et casser le manteau végétal. Afin d’éviter de tasser le sol l’opération doit se dérouler sur un sol ressuyé.